Actualité Année 2015 Novembre

La consommation de Saumon OGM autorisée aux États-Unis

Après 20 ans de pourparlers, les autorités sanitaires des États-Unis (FDA : Food and Drug Administration) viennent d’autoriser la consommation de saumons génétiquement modifiés le jeudi 19 novembre 2015. Ainsi, suite à des années de consommation de maïs et de soja OGM, ces poissons sont les premiers animaux transgéniques à se retrouver dans les assiettes des américains. Il s’agit même du tout premier animal transgénique autorisé au niveau mondial pour la consommation humaine.

Ce saumon a été créé par la société américaine AquaBounty et porte le nom de AquAdvantage. Il s’agit à la base d’un saumon de l’Atlantique auquel on a ajouté deux gênes : un gêne issu du saumon royal pour qu’il grossisse plus vite et un gêne d’une espèce proche de l’anguille pour maintenir active la première modification. L’atout majeur de ce poisson est de grossir de 4 à 6 fois plus vite et il serait prêt à être mangé au bout de 19 mois contre 3 ans pour les saumons d’élevages et 4 ans pour les saumons sauvages.

aquadvantage

Voici, ci-dessous, un extrait du reportage de Zone Interdite que nous avons publié fin 2010 au sujet de ce saumon :

 

“Sans danger pour la consommation humaine”

La FDA estime que le poisson est “sans danger pour la consommation humaine”, et qu’il est “aussi propre à la consommation et aussi nourrissant que les autres saumons de l’Atlantique non transgéniques, et qu’il n’y avait pas de différences biologiques notables entre les qualités nutritionnelles du saumon AquAdvantage et celles des autres saumons d’élevage de l’Atlantique”.

Lorsqu’en 2010 déjà, la FDA déclarait qu’ « il y a une certitude raisonnable que la consommation de nourriture provenant de cet animal n’est pas préjudiciable à la santé ». Ceci avait tout de suite fait réagir des organismes de défense des consommateurs comme la Food and Water Watch« nous ne voyons pas comment on peut assurer que ce produit n’est pas nocif sur la base de quatre études, dont trois sont menées par la société d‘élevage ».

Selon de nombreuses publications scientifiques, dont l’étude publiée en 2002 dans la revue American Society of Animal Science, l’hormone de croissance, produite par transgenèse, aboutit à plusieurs dégâts collatéraux. En effet, ces animaux ont une tendance supérieure aux autres à devenir diabétiques, à rencontrer des problèmes immunitaires, respiratoires tout en ayant une viabilité réduite. Ainsi, ces poissons devront probablement être vendus sous forme de filets ou dans des plats cuisinés du fait de leurs difformités. Précisons également que la FDA a elle-même constatée en 2012 que ces poissons avaient des “inflammations focales élevées, en forme d’infection” et qu’en conséquence ils pouvaient nécessiter plus d’antibiotiques et d’autres médicaments, comme le formaldéhyde (qui est reconnu pour être cancérigène).

Nous ne nous attarderons pas ici sur les méthodes “classiques” actuelles d’élevages de saumons, en Norvège par exemple, où vous trouverez plus de détails dans le reportage suivant :

Lors des consultations liées à la procédure d’autorisation, la FDA a reçu plus de deux millions de messages opposés à l’autorisation de ce saumon transgénique.

Un risque “minimal” pour l’environnement

Certains chercheurs s’inquiètent également de la concurrence redoutable que serait ce poisson très vorace (du fait de sa croissance très rapide) si par accident il venait à se retrouver dans l’océan (ceci nous rappelle Le Cauchemar de Darwin avec la perche Nil). La société AquaBounty se veut rassurante et affirme que ses saumons génétiquement modifiés sont tous stériles. Mais comme le remarque infogm.org, la stérilité annoncée est-elle crédible ? Les moustiques transgéniques supposés « stériles », mis au point par Oxitec, se sont en fait avérés « un peu » fertiles, suffisamment pour transmettre leurs génomes modifiés à des populations sauvages.
La FDA précise que le saumon AquAdvantage ne peut être élevé qu’à terre dans des bassins d’éclosion fermés au Canada et au Panama. L’autorisation “ne permet pas que ce saumon soit conçu et élevé aux États-Unis”.

Du saumon OGM pour tous !

Plusieurs enseignes ont affirmé ne pas commercialiser les saumons génétiquement modifiés (SubWay, Kroger, Trader Joe’s, Whole Foods). De plus, plusieurs états américains dont l’Alaska et la Californie, ont souhaité interdire l’AquAdvantage. Les associations ont, par ailleurs, réclamé que ce saumon soit labellisé mais, selon la loi américaine, un label n’est requis que lorsqu’il y a “une différence matérielle – tel qu’un profil nutritionnel différent” entre le produit transgénique et le produit naturel similaire. Or, “dans le cas du saumon AquAdvantage, la FDA n’a pas trouvé de différences”, explique l’agence. Dans ce contexte comment savoir ce que l’on mange ?

Selon un sondage organisé par Consumer Report en 2014, 92 % des américains pensent que les aliments génétiquement modifiés devraient être étiquetés avant d’être vendus. De plus, les trois quarts disent qu’ils ne mangeraient pas de poisson génétiquement modifiés et environ les deux-tiers disent qu’ils ne mangeraient pas de viande issu d’animal génétiquement modifié.

Comment est-ce que les multinationales pourraient vendre leurs produits génétiquement modifiés, alors que seule une minorité de personnes souhaiterait les consommer ? Vous avez la réponse.

Sommes-nous protégés en Europe ?

Passé sous un silence assourdissant par nos médias, les traités que sont en train signer et mettre en place nos gouvernements ont pour le moins de quoi vous faire réfléchir.

Voici un exemple avec TAFTA :

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Sources :

www.actu-environnement.com
www.infogm.org
www.examiner.com
www.consumersunion.org

 

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