Actualité Année 2011 Septembre

L’EFSA voudrait arrêter les tests sur certains produits chimiques

L’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) souhaiterait remplacer le système actuel de tests relatifs aux produits chimiques par une dose d’exposition fixe appelé SPT pour « Seuil de Préoccupation Toxicologique » (TTC en anglais pour « Threshold of Toxicological Concern »). Un adulte peut ainsi, d’après l’EFSA, consommer quotidiennement et durant toute sa vie une substance chimique jusqu’à une certaine quantité, définie par le SPT, sans ressentir d’effets néfastes.

L’approche SPT est actuellement utilisée par l’EFSA pour évaluer des substances aromatisantes et des métabolites de pesticides dans les eaux souterraines. L’agence souhaite étendre cette approche à la grande majorité des produits chimiques et ainsi l’utiliser pour les substances présentes dans les aliments. L’EFSA explique que « l’approche SPT est un outil de dépistage utile pour réaliser une évaluation qualitative des risques. Elle permet également une utilisation efficace des ressources disponibles et des réductions potentielles de l’expérimentation animale ». L’agence consacrerait cette économie de ressources aux substances dites « prioritaires ».

Cette annonce a provoqué l’indignation de Générations Futures car, selon elle, « l’approche SPT est une proposition élaborée par l’industrie des pesticides et est loin d’être sûre ». En effet, cet outil se base sur des données très anciennes qui sont fournies par les industries elles-mêmes ! Ces données, qui ne sont plus du tout d’actualité,  ne peuvent pas être vérifiées par l’EFSA car les études trop anciennes ne sont pas récupérables ! Les études indépendantes, donc non fournies par les fabricants, ne sont pas prises en compte dans le SPT. Générations Futures ajoute que « le niveau de SPT est calculé en excluant les produits chimiques les plus toxiques (5e percentile) de la base de données. Cela signifie que beaucoup de produits chimiques, d’après les données même de l’industrie, montrent des effets toxiques en dessous de ce niveau “sécuritaire” SPT ».

Concernant les perturbateurs du système endocrinien, l’association précise que « des doses 10, 100, 1000 et même jusqu’à 7500 plus faibles que la valeur de la SPT ont ainsi été révélées toxiques dans des études indépendantes ».

« Si la SPT était appliquée à la classe la plus dangereuse de produits chimiques, alors presque tous les pesticides seraient soudainement classés «sûrs» pour les humains et aucun test ne serait plus nécessaire !» déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « Il est incroyable que l’EFSA, qui prétend être un Institut scientifique de haut niveau, soit sur le point d’adopter cette proposition dangereuse de l’industrie chimique non fondée sur la science. La confiance aveugle de l’EFSA pour l’industrie a également permis à des lobbyistes de l’industrie et d’autres promoteurs connus de la SPT d’intégrer le panel d’experts chargé d’examiner l’approche SPT. C’est inacceptable !» ajoute t’il.

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