Actualité Année 2011 Février

Premières analyses sur les traces de médicaments dans l’eau

Le ministère chargé de la santé a souhaité dresser un bilan sur la présence de résidus de médicaments dans les eaux du territoire et également évaluer les risques sanitaires de cette contamination. Depuis septembre 2009, l’ANSES (Agence nationale de sécurité de l’alimentation, d’environnement et du travail) et l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) ont été chargés de mener à terme cette mission.

Il existe, selon l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, qui est devenu l’ANSES), « plus de 3000 principes actifs de médecine humaine et 300 en médecine vétérinaire » dans l’eau. Les deux agences en charge de l’enquête ont étudiés la présence de 45 substances pharmaceutiques qui représentent les principales classes pharmacologiques de médicaments.

Tous les départements ainsi qu’un quart de la population française ont été couverts par l’étude, entre septembre 2009 et juin 2010. Elle concerne à la fois les eaux brutes (eaux superficielles 1/3 et eaux souterraines 2/3) où 285 échantillons ont été analysés, ainsi que les eaux traitées disponibles au robinet. L’AFFSSAPS vient de livrer les premiers résultats.

Premiers résultats

« Pour environ 75% des échantillons d’eau traitée […], aucune de ces 45 molécules n’a été quantifiée » affirme le rapport. Les 25% restants révèlent en général la présence d’une à quatre des molécules en même temps. Sur les 45 molécules recherchées, 19 ont été trouvées au moins une fois. « Plus de 90% des échantillons présentent une concentration maximale cumulée inférieure à 25 mg/L » déclare l’AFSSAPS. Tout ceci semble donc, à priori, plutôt rassurant.

Les molécules qui sont les plus souvent retrouvées sont la carbamazépine, un anti-épileptique, et un anxiolytique, l’oxazépam.

Dans les eaux brutes, 30 substances sur les 45 recherchées ont été retrouvées et à « des concentrations parfois plus fortes » que dans l’eau traitée, ce qui est le signe, selon les agences, que les filières de traitement de l’eau sont efficaces.

Evaluation des risques

L’analyse des risques que représentent les médicaments dans l’eau, a pour but de savoir s’il est nécessaire de prendre des mesures contre elles dans le traitement de l’eau. Les deux agences affirment que « l’évaluation des risques sanitaires est particulièrement complexe, notamment en raison des faibles concentrations rencontrées et des effets biologiques variables ». D’après le rapport, les concentrations dans l’eau du robinet sont de 1000 à 1 million de fois inférieures aux doses des médicaments prescrits.

Les agences travaillent actuellement sur la méthodologie et prévoient la publication du plan d’actions courant le 1er trimestre 2011.

Source : Afssaps

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