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Notre eau est polluée et toxique

Comment se fait-il que la qualité de l’eau dans la nature (mais aussi celle que nous consommons) se soit autant dégradée ? A qui la faute ? Quelles en sont les conséquences pour notre santé et celle de notre environnement ? Le réchauffement climatique influe-t-il sur la qualité de l’eau ?

Les faits

D’après l’étude de l’ASEF (Association Santé Environnement France) de 2010, 10% des eaux de surface de la France (rivières, fleuves, lacs, etc.) sont sans pesticides, 27% sont de qualité médiocre à moyenne et 10% sont de très mauvaise qualité. 53% des eaux souterraines (nappes phréatiques), contiennent des pesticides et 24% nécessiteraient un traitement spécifique avant d’être consommable.

A qui la faute ? Et quelles en sont les conséquences ?

1) L’agriculture

L’agriculture intensive nécessite de grandes quantités d’engrais (nitrates, phosphore, etc.), de pesticides (herbicides, insecticides, fongicides) qui contaminent tout l’environnement (sols, cours d’eau, etc.). La France est le premier consommateur européen de pesticides en tonnage, d’après l’INERIS (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques). Entre 70 000 et 110 000 tonnes de substances actives sont répandus par an sur notre territoire, 90% proviennent de l’agriculture. La consommation a doublé entre 1970 et 1990.

“66% de la pollution aux nitrates est d’origine agricole” souligne le rapport de l’ASEF. Les nitrates se transforment dans le corps en nitrites. Ces derniers empoisonnent le sang et provoquent une méthémoglobinémie (ou maladie bleue) qui perturbe la respiration cellulaire en oxydant l’hémoglobine du sang qui ne peut plus fixer l’oxygène. Associés à certains pesticides ils peuvent engendrer à long terme des cancers, selon le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique).

La toxicité des pesticides est encore mal connue car ils forment une famille de plusieurs centaines de molécules très diverses qui, se dégradant dans la nature, en génèrent encore d’autres. “L’incertitude [porte] sur les effets à long terme des doses infimes mais répétées” explique le CNRS.

2) L’élevage

L’élevage intensif provoque de grandes quantités de déjections qui contiennent des matières azotés, du phosphore et des bactéries qui contaminent également la nature. L’InvS (Institut de Veille Sanitaire) affirme qu’il existe un lien entre la propagation des gastro-entérites aiguës et la qualité de l’eau du robinet, à savoir le taux de matières fécales dans l’eau (voir l’épidémie dans le Lot en 2000 et le bilan épidémie hydrique de l’InvS de 2008)

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=vF-KYFZ_3c0[/youtube]

Par ailleurs, le bétail est gavé aux médicaments pour le plus souvent éviter les infections (et non soigner) et favoriser la croissance. Ces résidus d’antibiotiques, et autres, sont également de sérieux contaminants. Le rapport de l’ASEF affirme que “l’importance des rejets médicamenteux dans les eaux est mal connue aujourd’hui”.

3) La médecine

Aux rejets de médicaments issus de l’élevage d’animaux, de piscicultures (voir Pièces à Conviction – Assiette tous Risques dans vidéothèque), se rajoute ceux des hôpitaux, de l’industrie pharmaceutique et chimique, et de l’homme !  En effet la consommation de médicaments n’a cessé de croitre, selon une Etude comparative de la Direction de la Recherche des Etudes de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) de 2006, la France est le plus gros consommateur de médicaments en Europe. Mais ce sont surtout les rejets des hôpitaux qui sont très préoccupants car contiennent des produits radioactifs et des anticancéreux qui ne se dégradent quasiment pas.

Les spécialistes soupçonnent les antibiotiques d’être à l’origine des bactéries résistantes. Ils se rendent également compte que cette médicamentation rends les espèces piscicoles plus vulnérables aux agents infectieux et constatent qu’une “féminisation” des espèces piscicoles se produit nuisant ainsi à leurs qualités reproductrices.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=86vp8VrhZ4s[/youtube]

Problème de taille : les stations d’épurations ne sont pas conçues pour traiter les traces de médicaments dans l’eau. “A ce jour, aucun médicament ne figure dans la liste des polluants prioritaires à analyser dans l’eau potable” selon l’ASEF. D’une manière plus générale on retrouve dans l’eau sortant des stations d’épuration conventionnelles, dans des concentrations supérieures à 100 ng/L, 1.5% des substances prioritaires, 30% des molécules organiques et 90% des substances pharmaceutiques !

4) L’industrie

De l’azote est également rejeté par les fabricants d’engrais et d’explosifs, les industries de traitement des métaux et les industries agro-alimentaires. 12% des nitrates proviennent de l’industrie et une part importante des pesticides (désherbants) provient des entreprises qui entretiennent les routes, les parcs, les jardins et les chemins de fer.

Certain métaux rejetés par l’industrie (plomb, chrome, mercure, cadmium, nickel) sont très nocifs pour l’homme et l’environnement. Les métaux lourds ne sont pas éliminés par l’organisme. Même si ces substances sont présentes à de très faibles doses, le fait de les ingérer quotidiennement “peut être la cause de maladies graves” d’après le CNRS.

Les enfants sont, par exemple, bien plus sensibles que les adultes au plomb et peuvent ainsi développer le saturnisme. C’est une maladie qui affecte la croissance, le comportement, le développement du système nerveux central et le développement intellectuel. A de plus fortes concentrations dans l’organisme, le plomb provoque des troubles de la reproduction, des encéphalopathies et des insuffisances rénales. Le plomb peut également se fixer sur les os de notre corps et se cumuler, pouvant entrainer un empoisonnement brutal si le plomb en renvoyé dans le sang, ce qui touche principalement les personnes âgées et les femmes enceintes, affirme le CNRS.

Quels sont les conséquences du réchauffement climatique ?

A tout cela se rajoute le réchauffement climatique qui engendre une augmentation de la température des cours d’eau, des mers et des océans et par ce fait, favorise le développement de certains organismes indésirables (bactéries, algues toxiques, etc.). L’eau de baignade et les produits de la mer (poissons, crustacés, mollusques, etc.) deviennent ainsi de moins bonne qualité.

La deuxième conséquence du réchauffement global est de diminuer les réserves d’eau. Avec un assèchement, le niveau des rivières et des nappes phréatiques baisse, augmentant ainsi la concentration d’agents pathogènes et autres polluants. L’approvisionnement en eau en devient plus difficile et les risques pour la santé en sont augmentés.

Principales références

http://www.zones-humides.eaufrance.fr/
http://www.eaufrance.fr/
http://www.invs.sante.fr/
http://www.asef-asso.fr
http://www.cnrs.fr/

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Carafes filtrantes : un danger pour la santé ?

6 commentaires

  • lorsque je bois plus d’ un litre d’eau (du robinet) j’ai mal du côté droit sous les côtes, comme si j’avais des calculs biliaires. mais après examens je n’en
    ai pas. dès que je bois moins d’eau je ne sens rien !

    A qoi est-ce dû ?????????????????

  • Bonjour, entre ce que je lis sur les carafes filtrantes et ce que je viens de lire, il y a de quoi se perdre. En effet, je viens de lire un article sur l’eau filtré par les carafes Brita qui nous dit que l’eau du robinet n’est pas si mauvaise que l’on croit et contient du calcium, élément nécessaire à notre corps et qui est supprimé par la filtration. L’article ci-dessus qui nous dit que nous buvons une eau très polluante et dangereuse pour la santé. Alors, qui croire?
    Jacques

  • Est-il possible de me dire quelle influence peut avoir une eau sur la santé de l’enfant et de l’adulte qui contient 100 fois la norme de fer autorisé (résultat d’analyse d’un laboratoire d’hygiène départemental) bue pendant 8 ans jusqu’au changement du réseau d’adduction et de distribution de l’eau par le Syndicat de ma commune ?

    • Aucun souci car l’homme n’assimile que 1% de la quantité des Oligoéléments disponibles dans l’eau de boisson. A la différence de l’eau de mer …
      L’homme ne peut assimiler que 1% des minéraux inorganiques de l’eau. Donc seuls les minéraux organiques ” végétabilisés ” sont assimilables par l’être humain et doivent lui être apportés à travers les végétaux

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